La Loi Girardin, en vigueur depuis le 22 juillet 2003, régit pour une durée de quinze ans la défiscalisation dans les DOM-TOM et donc, bien évidemment, à la Réunion. Elle succède ainsi à la Loi Paul. Les principaux changements par rapport à cette dernière sont l’élévation à 40 % du taux de défiscalisation pour les logements locatifs libres et à 50 % pour les logements de location intermédiaire.
L’avènement de cette loi a marqué un boum remarquable de l’immobilier à la Réunion 974. Celui-ci trouve son apogée en 2005/2006 lorsque plus de 12 500 logements neufs furent construits, un record absolu pour une île de seulement 810 000 résidents. Il faut dire que plusieurs études anticipent un accroissement rapide de la population réunionnaise qui devrait atteindre le million d’habitants à l’horizon 2030. La demande en logement devrait donc persister dans les années à venir.
Pourtant, après trois années marquées par une croissance soutenue, le marché a enregistré un recul en 2007 et 2009. Cette baisse est majoritairement imputable à la crise. Les métropolitains, qui représentent plus de 40 % des acheteurs dans le marché du neuf, se sont quelque peu désintéressés de la Réunion, plus préoccupés de faire des économies dans un avenir encore incertain.
Paradoxalement, ce recul est aussi lié à la défiscalisation Loi Girardin elle-même dont les promoteurs ont parfois profité jusqu’à l’excès. Les prix de l’immobilier et des terrains à bâtir sont ainsi montés en flèche dans les centres économiques et touristiques de l’Ouest et du Nord. Rapidement devenus trop chers pour les locaux à revenu modeste, certains programmes peinent maintenant à trouver preneur auprès des cadres de la métropole.
Une refonte de la Loi Girardin à la Réunion est ainsi à l’étude pour réorienter les flux d’investissements immobiliers vers des logements sociaux, plus adaptés à la donne de la demande locale.